6 - Lasclapades (commune de Gavaudun)

Où affleurent des argiles et des sables kaoliniques versicolores dans l’Eocène inférieur (-53 Ma   env. - âge Paléogène inférieur)

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Observation des argiles et des sables kaoliniques versicolores dans l’Eocène inférieur (-53 Ma   env. - âge Paléogène inférieur)

Accès

A partir de la route N710, prendre dans le centre de Cuzorn la route vers l’ouest qui mène vers Lacapelle-Biron ; un peu plus d’un kilomètre après, laisser la route de Monflanquin à gauche et poursuivre dans le vallon ; 650 m environ après, laisser la route de Lacapelle sur la droite et continuer sur le chemin sableux le long du grand étang de Marrou. L’ancienne carrière d’argile de Lasclapades se trouve à 850 m environ de ce dernier embranchement.
On peut accéder à la zone affleurante, au nord, en faisant le tour de la carrière par le bois du coté oriental. Attention à ne pas s’approcher trop près du front pendant le déplacement, mais la zone affleurante est en sécurité.

Que voir ? Que conclure ?

Généralités

Sur le plan historique, il faut rappeler, qu’à 5 km de là, en remontant la vallée de la Lède, se trouve le petit hameau de Saint-Avit (commune de Lacapelle-Biron) où la tradition veut qu’y naquit Bernard Palissy, vers 1510, un des grands « scientifiques » de la Renaissance qui utilisa dès sa jeunesse ce type d’argiles pour confectionner ses premières céramiques.

Paléoenvironnement  

Ces faciès  , formant les premiers dépôts de comblement des dépressions karstiques   parfois profondes, sont des sédiments constituant des séquences fluviatiles grano-décroissantes allant des graviers grossiers, en base des chenaux, jusqu’à des argiles fines et pures déposées dans le bras morts et les plaines d’inondations. Des couches de lignites attestent localement de la présence de végétation marécageuse.

Dans la base de la série, les caractéristiques minéralogiques des argiles (teneur en kaolinite de 95 à 100 %) permettent de dire qu’elles sont directement héritées des produits d’altération des massifs cristallins situés plus au nord-est. Plus haut, le cortège s’enrichit en smectites, attestant de diagenèse   par engorgement des profils, qui voit le développement de paléosols.

Hydrogéologie  

En termes d’hydrogéologie  , les terrains silicoclastiques de l’Eocène correspondent à un aquifère   multicouche de quelques dizaines de mètres de puissance dans ce secteur, s’épaississant nettement vers le sud-ouest. Il comprend de nombreux réservoirs sableux à graveleux (base des séquences fluviatiles), d’une épaisseur unitaire très variable comprise entre quelques mètres et plusieurs dizaines de mètres, séparés par des assises argileuses ou argilo-silteuses d’épaisseur également très variable (sommet des séquences). Le rapport entre les deux types de faciès   dépend de la situation dans la plaine alluviale et du degré de divagation des paléo-cours d’eau (stabilité des lits chenalisants).

Ceci induit de fortes hétérogénéités dans la productivité de ce multicouche, comme en témoignent les zonations établies par croisement des données des sondages et des cartes de répartition des faciès  , réalisées par le BRGM, à la suite de la cartographie géologique régulière.

Illustrations

Parcourez les affleurements   en cliquant sur les vignettes ci-dessous et découvrez les explications géologiques et interprétations hydrogéologiques.

Figure 3 : Grands chenaux dans les sables à graviers de l'Eocène inférieur (Platel JP., 2013)

Figure 3 : Grands chenaux dans les sables à graviers de l’Eocène inférieur (Platel JP., 2013)

Géologie

Pour toute cette partie du Périgord Noir - Nord-Agenais, le plus grand développement des faciès sablo-graveleux fluviatiles du Lutétien se trouve sur le plateau au nord de Fumel, dans la carrière du Brétou-Le Tiple, d’où était aussi extraite de l’argile kaolinique du Sparnacien, alimentant les usines de Condat et de Monsempron. (Cependant cette carrière, encore en partie exploitée, est interdite d’accès au public).
La photo de la figure 3, illustrant la carrière du Brétou à Fumel, montre la présence de grands berceaux de chenaux à graviers fluviatiles dans la Formation du Brétou.
Dans sa partie supérieure, des silicifications parfois très massives ont pris naissance résultant de circulations de paléo-nappes d’eau. Ces grès siliceux parfois très durs (aussi dénommés grisons) peuvent atteindre 3 à 6 mètres d’épaisseur mais sont le plus souvent démantelés et forment des « chaos » ou arment des buttes en relief entre Fumel et Cuzorn (Le Tiple, Pech Major, Tuc Blanc).

Paléoenvironnement

Une intense phase de latéritisation, à la fin de l’Eocène moyen, a profondément rubéfié tous les terrains immédiatement sous-jacents, en créant une carapace ferrugineuse rouge-sang, bien développée dans la carrière du Brétou, ainsi que dans la vallée de Laussou et à Gavaudun (Terre Rouge).

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