Avis sur l’état des nappes au 1er octobre 2014

La tendance générale pour le mois de septembre 2014 confirme la stabilisation des niveaux, à peine amorcée à la fin du mois d’août. Elle concerne la moitié des masses d’eau, principalement les nappes   alluviales, excepté les aquifères   alluviaux de la Dordogne et de l’Adour amont, qui présentent encore une légère baisse. Concernant les autres aquifères  , la tendance est plutôt à la baisse, mais avec une amorce de stabilisation engagée. Seuls les aquifères   de socle, des calcaires du Périgord et nord aquitains, ainsi que la nappe   plio-quaternaire aquitaine, ne montrent pas encore de signe réel de stabilisation.

La recharge   printanière de 2014 a été globalement forte à très forte sur l’ensemble du bassin   Adour-Garonne, permettant aux niveaux de se placer, en septembre 2014, dans une gamme moyenne à médiocre par rapport à la normale, excepté pour les calcaires nord-aquitains (niveau encore fort).

Les stocks principalement constitués au printemps 2014 ont été globalement forts à très forts sur tout le bassin  . Ils devraient permettre d’envisager une période d’étiage peu sévère à l’automne 2014 pour la grande majorité des aquifères   du bassin  .



Sommaire de l’article :

Conclusion générale sur le Bassin   Adour-Garonne au 06 octobre 2014 :

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Tendance des nappes souterraines dans le bassin Adour-Garonne"
Tendance des nappes souterraines dans le bassin Adour-Garonne

Le tableau récapitulatif est dressé pour 20 aquifères   du bassin   Adour-Garonne. Le nombre total de points d’observation est 62, répartis entre 1 à 10 points par aquifère  . Pour l’élaboration du BSH du mois de septembre 2014, seuls 46 points d’observation ont pu être pris en compte, les données n’étant pas encore enregistrées pour 16 points, à la date du 4 octobre 2014, par les différentes sources de données. Deux aquifères   (n° 10 et 20) n’ont ainsi pas pu faire l’objet d’un diagnostic, du fait de l’absence de donnée enregistrée.

Rappel des conclusions du bulletin d’août 2014 :

Après une période de recharge   hivernale et printanière particulièrement favorable, les systèmes aquifères   ont commencé leur vidange à partir du mois de mars-avril. Cette dynamique de tarissement, légèrement stabilisée au mois de juin, a repris sur l’ensemble du bassin   Adour-Garonne au cours du mois de juillet. Au mois d’août, cette dynamique continue avec quelques amorces de stabilisation selon les secteurs. Cette baisse piézométrique   amène aujourd’hui les niveaux à des valeurs proches de la normale sur une grande partie du bassin  , sauf dans les alluvions de la Garonne amont, de la plaine du Tarn et de la Garonne, et du Tarn et de l’Agoût, où les niveaux se maintiennent à des valeurs supérieures à la normale. Les aquifères   fortement sollicités pour l’irrigation atteignent des niveaux inférieurs à la normale (plio-quaternaire aquitain, calcaires du Quercy, du Périgord, et socle Massif Central). Le tarissement va probablement se poursuivre lentement dans les prochaines semaines, jusqu’à atteindre le maximum des basses eaux en début d’automne. Les niveaux devraient globalement rester proche des valeurs normales. Dans l’ensemble, l’année hydrologique 2013-2014 reste une année humide, caractérisée par une forte recharge  , ce qui laisse supposer un étiage à venir peu sévère.

Conclusions sur le mois de septembre 2014 :

L’analyse des données piézométriques du mois de septembre 2014 permet de mettre en évidence les points suivants :

  • Les chroniques piézométriques montrent une tendance globale à la stabilisation ou à une légère baisse avec une amorce notable de stabilisation. Cette tendance à la stabilisation avait déjà été observée sur quelques secteurs en août 2014. Elle se confirme donc sur la majorité des aquifères  , excepté les aquifères   de socle [n°20], des calcaires du Périgord [n°17] et nord-aquitains [n°12], et la nappe   plio-quaternaire aquitaine [n°11] qui reste à la baisse.
Figure 1 : Tendance d'évolution des niveaux piézométriques"
Figure 1 : Tendance d’évolution des niveaux piézométriques


  • Les séquences de pluies nombreuses et intenses, survenues depuis le mois de décembre et jusqu’au mois d’avril, ont permis une recharge   importante des aquifères   superficiels. Certains systèmes, comme les alluvions de la Dordogne ou les calcaires des Pyrénées, ont montré des records de hautes eaux au printemps 2014 (sur la période totale d’observation de ces ouvrages). Globalement, tous les aquifères   du bassin   ont montré une recharge   d’intensité forte sur cette année hydrologique 2013-2014. Cette intensité correspond à une période de retour minimale de 10 ans humide (évènement avec une probabilité de période de retour égale ou supérieure à 10 ans).
    A cette période de l’année, en septembre, les conditions météorologiques et l’état de la végétation sont très peu favorables à l’activation d’une séquence de recharge  . Les quelques légers pics piézométriques liés à un été relativement pluvieux, et observés sur les nappes   les plus réactives, sont négligeables. Il est probable qu’ils soient liés à une sollicitation de fait moins accentué sur la nappe  .
Figure 2 : Intensité de la recharge des systèmes aquifères"
Figure 2 : Intensité de la recharge des systèmes aquifères


  • Depuis le maximum des hautes eaux, observé en février sur une grande majorité du bassin   Adour-Garonne, une phase de tarissement globale s’est engagée. Celle-ci a été ponctuée par des petits pics de recharge  , sans réelle incidence sur l’état des stocks. Au mois de septembre, les niveaux s’établissent à des valeurs habituellement observées pour cette période de l’année (normale). Les valeurs supérieures à la normale se situent dans l’aquifère   des calcaires karstiques   nord-aquitains [n°12]. Si certains niveaux se situent en dessous de la normale (médiocre), ils restent cependant en très grande majorité sensiblement supérieurs aux minima historiques. Les niveaux les plus bas (plio-quaternaire, calcaires du Périgord et Quercy, socle) sont très probablement liés à une sollicitation plus fortes pour l’irrigation [nos11, 13, 17, voire 19].
Figure 3 : Niveau piézométrique des systèmes aquifères"
Figure 3 : Niveau piézométrique des systèmes aquifères


  • L’intensité de la recharge   et le tarissement lent qui a suivi ont permis de générer un stock d’eau renouvelable particulièrement important par rapport aux autres années observées. Ces volumes permettront de soutenir les niveaux pendant la période d’étiage, déjà amorcée en septembre, sur une majorité d’aquifères  , et qui devrait survenir courant octobre pour les autres aquifères  . Celle-ci devrait être peu sévère.
Figure 4 : Etat du stock souterrain"
Figure 4 : Etat du stock souterrain



Conclusion sur l’état des nappes   au 06 octobre 2014 :

Après une période de recharge   hivernale et printanière particulièrement favorable, les systèmes aquifères   ont commencé leur vidange à partir du mois de mars-avril. Cette dynamique de tarissement s’est globalement poursuivie jusqu’au mois d’août, au cours duquel une amorce de stabilisation des niveaux a été observée sur quelques secteurs. Au mois de septembre, cette tendance à la stabilisation est généralisée sur l’ensemble du bassin  , excepté pour la nappe   plio-quaternaire aquitaine, les calcaires karstifiés nord-aquitains et du Périgord, et les formations de socle, dans lesquels la baisse perdure. Cette dynamique amène aujourd’hui les niveaux à des valeurs proches de la normale sur une grande partie du bassin  . Les aquifères   fortement sollicités pour l’irrigation atteignent des niveaux inférieurs à la normale (plio-quaternaire aquitain, calcaires du Quercy et du Périgord, socle Massif Central).

La stabilisation des niveaux devrait se poursuivre au cours du prochain mois, jusqu’à atteindre le maximum des basses eaux. Les niveaux devraient globalement rester proche des valeurs normales.

Dans l’ensemble, l’année hydrologique 2013-2014 reste une année humide, caractérisée par une forte recharge  , ce qui laisse supposer un étiage peu sévère au cours des prochaines semaines.

Quelques définitions :

  • tendance :
    évolution du niveau piézométrique pluriannuellement : hausse, baisse, stabilisation.
  • recharge :
    quantité d’eau alimentant une nappe durant un cycle hydrologique ou une partie d’un cycle.
  • niveau :
    niveau piézométrique exprimé en profondeur ou en altitude NGF.
  • stock ou réserve régulatrice :
    part variable de la réserve d’un aquifère libre ; quantité maximale d’eau gravitaire contenue dans la zone de fluctuation, se référant à une période définie.

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