Avis sur l’état des nappes au 1er septembre 2014

La tendance générale reste à la baisse pour le mois d’août 2014 avec une amorce de début de stabilisation des niveaux sur plusieurs secteurs (notamment la nappe   alluviale de la Garonne aval et Lot, et les calcaires karstifiés du Jurassique de l’Aveyron.

La recharge   printanière de 2014 a été globalement forte à très forte sur l’ensemble du bassin   Adour-Garonne, permettant aux niveaux de se placer dans une gamme forte (nappes   alluviales Garonne moyenne et amont, plaine du Tarn et de la Garonne, Tarn et Agout) à moyenne par rapport à la normale ; ils s’établissent dans une gamme médiocre dans quelques secteurs du bassin   particulièrement dans la nappe   plio-quaternaire aquitain où la sollicitation par les pompages pour l’irrigation reste forte.

Les stocks principalement constitués au printemps 2014 ont été globalement forts à très forts sur tout le bassin  . Ils devraient permettre d’envisager une période d’étiage peu sévère à l’automne 2014.



Sommaire de l’article :

Conclusion générale sur le Bassin   Adour-Garonne au 08 septembre 2014 :

local/cache-vignettes/L635xH346/tableau1409-1b-e412a.png

Tendance des nappes souterraines dans le bassin Adour-Garonne"
Tendance des nappes souterraines dans le bassin Adour-Garonne

Le tableau récapitulatif est dressé pour 20 aquifères   du bassin   Adour-Garonne. Le nombre total de points d’observation est 62, répartis entre 1 à 10 points par aquifère  . Pour l’élaboration du BSH du mois d’août 2014, seuls 46 points d’observation ont pu être pris en compte, les données n’étant pas encore enregistrées pour 16 points, à la date du 5 septembre 2014, par les différentes sources de données. Deux aquifères   (n° 10 et 20) n’ont ainsi pas pu faire l’objet d’un diagnostic, du fait de l’absence de donnée enregistrée.

Rappel des conclusions du bulletin de juillet 2014 :

Après une période de recharge   hivernale et printanière particulièrement favorable, les systèmes aquifères   ont commencé leur vidange à partir des mois de mars-avril. Cette dynamique de tarissement, légèrement stabilisée au mois de juin, a repris sur l’ensemble du bassin   Adour-Garonne au cours du mois de juillet. Cette baisse piézométrique   amène aujourd’hui les niveaux à des valeurs proches de la normale sur une grande partie du bassin  , sauf dans les alluvions de la Garonne amont et ses affluents, de l’Adour aval et dans les calcaires karstifiés du Quercy où les niveaux se maintiennent à des valeurs supérieures à la normale. Le tarissement va probablement se poursuivre lentement dans les prochaines semaines, jusqu’à atteindre le maximum des basses eaux en début d’automne.

Conclusions sur le mois d’août 2014 :

L’analyse des données piézométriques du mois d’août 2014 permet de mettre en évidence les points suivants :

  • Les chroniques piézométriques montrent toujours une tendance globale à la baisse des niveaux. Cette dynamique de tarissement, engagée sur le bassin   depuis les mois de mars-avril, s’était partiellement stabilisée au cours du mois de juin avec une reprise de la dynamique de tarissement dès le mois de juillet. Au mois d’août, la tendance à la baisse se poursuit avec cependant des amorces de stabilisation sur plusieurs secteurs (en particulier l’aquifère   alluvial de la Garonne aval et Lot [n°3], les aquifères   calcaires karstifiés du Jurassique moyen et supérieur de l’Aveyron [n°14]).
Figure 1 : Tendance d'évolution des niveaux piézométriques"
Figure 1 : Tendance d’évolution des niveaux piézométriques


  • Les séquences de pluies nombreuses et intenses survenues depuis le mois de décembre et jusqu’au mois d’avril ont permis une recharge   importante des aquifères   superficiels. Certains systèmes comme les alluvions de la Dordogne ou les calcaires de Pyrénées ont montré des records de hautes eaux au printemps 2014 (sur la période totale d’observation de ces ouvrages). Globalement, tous les aquifères   du bassin   ont montré une recharge   d’intensité forte sur cette année hydrologique 2013-2014. Cette intensité correspond à une période de retour minimale de 10 ans humide (évènement avec une probabilité de période de retour égale ou supérieure à 10 ans).
    A cette période de l’année, les conditions météorologiques et l’état de la végétation sont très peu favorables à l’activation d’une séquence de recharge  . Les quelques légers pics piézométriques liés à un été relativement pluvieux, et observés sur les nappes   les plus réactives (nappes   alluviales Garonne amont, Tarn, Agoût, Adour aval et calcaires karstiques  ) sont négligeables. Il est probable qu’ils soient liés à une sollicitation de fait moins accentué sur la nappe  .
Figure 2 : Intensité de la recharge des systèmes aquifères"
Figure 2 : Intensité de la recharge des systèmes aquifères


  • Depuis le maximum des hautes eaux observé en février sur une grande majorité du bassin   Adour-Garonne, une phase de tarissement globale s’est engagée. Celle-ci a été ponctuée par des petits pics de recharge  , sans réelle incidence sur l’état des stocks. Au mois d’août, les niveaux s’établissent à des valeurs habituellement observées pour cette période de l’année. Les valeurs supérieures à la normale se situent dans les nappes   alluviales de la Garonne amont, plaine du Tarn et de la Garonne, Tarn et Agoût, très probablement conséquences de la bonne recharge   printanière. Les niveaux sont médiocres dans les aquifères   les plus sollicités pour l’irrigation (Plio-Quaternaire aquitain, calcaires du Quercy et du Périgord, socle sud-ouest du Massif Central).
Figure 3 : Niveau piézométrique des systèmes aquifères"
Figure 3 : Niveau piézométrique des systèmes aquifères


  • L’intensité de la recharge   et le tarissement lent qui a suivi ont permis de générer un stock d’eau renouvelable particulièrement important par rapport aux autres années observées. Ces volumes permettront de soutenir les niveaux pendant la période d’étiage qui devrait survenir entre septembre et octobre et devrait être peu sévère.
Figure 4 : Etat du stock souterrain"
Figure 4 : Etat du stock souterrain



Conclusion sur l’état des nappes   au 08 septembre 2014 :

Après une période de recharge   hivernale et printanière particulièrement favorable, les systèmes aquifères   ont commencé leur vidange à partir du mois de mars-avril.

Cette dynamique de tarissement, légèrement stabilisée au mois de juin, a repris sur l’ensemble du bassin   Adour-Garonne au cours du mois de juillet. Au mois d’août, cette dynamique continue avec quelques amorces de stabilisation selon les secteurs. Cette baisse piézométrique   amène aujourd’hui les niveaux à des valeurs proches de la normale sur une grande partie du bassin  , sauf dans les alluvions de la Garonne amont, de la plaine du Tarn et de la Garonne, et du Tarn et de l’Agoût, où les niveaux se maintiennent à des valeurs supérieures à la normale. Les aquifères   fortement sollicités pour l’irrigation atteignent des niveaux inférieurs à la normale (Plio-Quaternaire aquitain, calcaires du Quercy, du Périgord, et socle du Massif Central).

Le tarissement va probablement se poursuivre lentement dans les prochaines semaines, jusqu’à atteindre le maximum des basses eaux en début d’automne. Les niveaux devraient globalement rester proche des valeurs normales.

Dans l’ensemble, l’année hydrologique 2013-2014 reste une année humide, caractérisée par une forte recharge  , ce qui laisse supposer un étiage à venir peu sévère.

Quelques définitions :

  • tendance :
    évolution du niveau piézométrique pluriannuellement : hausse, baisse, stabilisation.
  • recharge :
    quantité d’eau alimentant une nappe durant un cycle hydrologique ou une partie d’un cycle.
  • niveau :
    niveau piézométrique exprimé en profondeur ou en altitude NGF.
  • stock ou réserve régulatrice :
    part variable de la réserve d’un aquifère libre ; quantité maximale d’eau gravitaire contenue dans la zone de fluctuation, se référant à une période définie.

Revenir en haut