Bilan sur le bassin de la recharge de l’automne et de l’hiver 2012-2013

L’état des nappes   d’eaux souterraines   présenté à la date du 1er avril 2013 fait le bilan de la recharge   des nappes   au cours de l’automne et de l’hiver 2012-2013.

Sommaire de l’article :

Rappel des conclusions publiées au mois d’août 2012 :

La phase de tarissement engagée au mois de juillet connaît un net ralentissement et fait place à une phase de stabilisation dans les aquifères   alluviaux du bassin  , les sables plio-quaternaires d’Aquitaine et les karsts du Lot et de l’Aveyron. Ce tarissement a été intense dans les alluvions de la Garonne aval et dans le calcaire crétacé de l’Angoumois où les niveaux normaux de juillet sont devenus inférieurs à la normale en août.

La situation reste critique dans les alluvions de la Garonne et ses principaux affluents, et en particulier dans le Tarn-et-Garonne où la sécheresse souterraine atteint de périodes de retour d’au moins 20 ans.
Sur tous ces systèmes, le maximum d’étiage devrait être atteint rapidement, avec 1 à 2 mois d’avance sur une année hydrologique normale.
Dans les karsts crétacés et jurassiques de Poitou-Charentes, le tarissement se poursuit lentement et les niveaux restent dans la moyenne habituellement observée pour un mois d’août.

Avis sur la recharge   des nappes   au début du mois d’avril 2013 :

La tendance générale est à la baisse et à la stabilisation des niveaux (figures 1 et 2) :

  • une recharge   globalement très forte à forte, sauf la plaine alluviale du Tarn-et-Garonne et dans les karsts aveyronnais où elle est moyenne (figures 3 et 4),
  • des niveaux forts à moyens dans la majorité du bassin   Adour-Garonne (figures 5 et 6),
  • et des stocks globalement forts à moyens (figures 7 et 8).
Tendance des nappes souterraines dans le bassin Adour-Garonne - partie 1"
Tendance des nappes souterraines dans le bassin Adour-Garonne - partie 1


Tendance des nappes souterraines dans le bassin Adour-Garonne - partie 2"
Tendance des nappes souterraines dans le bassin Adour-Garonne - partie 2


Figure 1 : Tendance d'évolution des niveaux piézométriques (valeurs par piézomètres)"
Figure 1 : Tendance d’évolution des niveaux piézométriques (valeurs par piézomètres)


Figure 2 : Tendance d'évolution des niveaux piézométriques"
Figure 2 : Tendance d’évolution des niveaux piézométriques


Figure 3 : Intensité de la recharge des systèmes aquifères (valeurs par piézomètres)"
Figure 3 : Intensité de la recharge des systèmes aquifères (valeurs par piézomètres)


Figure 4 : Intensité de la recharge des systèmes aquifères"
Figure 4 : Intensité de la recharge des systèmes aquifères


Figure 5 : Niveau piézométrique par système aquifère (valeurs par piézomètre)"
Figure 5 : Niveau piézométrique par système aquifère (valeurs par piézomètre)


Figure 6 : Niveau piézométrique par système aquifère"
Figure 6 : Niveau piézométrique par système aquifère


Figure 7 : Etat du stock souterrain (valeurs par piézomètre)"
Figure 7 : Etat du stock souterrain (valeurs par piézomètre)


Figure 8 : Etat du stock souterrain"
Figure 8 : Etat du stock souterrain



Conclusions du début du mois d’avril 2013 :

L’observation des niveaux piézométriques à la fin septembre 2012 permet de mettre en évidence les points suivants :

  • Les tendances piézométriques sont à la stabilisation des niveaux dans les systèmes karstiques   du Crétacé du nord du bassin  , dans les karsts des Pyrénées, ainsi que dans les alluvions médianes de la Garonne, du Tarn et de l’Aveyron. Partout ailleurs, une dynamique de baisse des niveaux est engagée depuis un mois, sauf dans les sables du Plio-quaternaire et les karsts du Quercy où les niveaux continuent toujours de monter ;
  • Le pic des plus hautes eaux a été observé majoritaire dans la première quinzaine du mois de février 2013, sauf dans les karsts de l’Aveyron où il a été observé plus tôt, à la fin du mois d’octobre 2012. Dans ce secteur, un second pic de plus faible intensité a été observé fin janvier 2013.
    L’intensité de ces recharges a été particulièrement forte, atteignant par endroits des périodes de retour proches de 15 ans. Dans les plaines alluviales, et en particulier celle de l’Adour, des inondations par remontée de nappe   ont d’ailleurs été constatées dans les parties enterrées des habitations (caves, sous-sol). Cette année hydrologique contraste donc fortement avec la précédente, où les recharges ont été très faibles ou inexistantes. Globalement la recharge   a été effectuée de façon très précoce, avec de fortes intensités. Elles sont la conséquence des précipitations continues et intenses enregistrées depuis le mois de décembre 2012.
  • Suite à ce pic des plus hautes eaux de la mi-février, une baisse générale des niveaux a été observée, en relation avec l’arrêt des précipitations. Une nouvelle séquence de pluie a ensuite été enregistrée vers la mi-mars, entrainant un nouveau pic, de plus faible intensité, au début du mois d’avril. Depuis, même si la tendance générale est à la baisse des niveaux, ceux-ci restent dans des gammes de valeurs fortes à moyennes sur tout le bassin   Adour-Garonne. Dans une majorité d’aquifères  , les niveaux sont même supérieurs à ceux observés habituellement à cette période de l’année (période de retour : 5 à 10 ans humides) ;
  • Le tarissement venant seulement d’être engagé sur le bassin  , il est encore trop tôt pour conclure sur l’importance du stock constitué. Cependant, au vue de l’intensité de la recharge  , il est fort probable que les réserves soient supérieures à la normale, sauf dans la plaine de Montauban et les Causses de l’Aveyron où les stocks seront dans la moyenne généralement observée.

Conclusion sur la recharge   de l’automne et l’hiver 2012-2013 :

Les précipitations continues et intenses survenues depuis le mois de décembre 2012 sur l’ensemble du sud-ouest ont été très efficaces sur le plan de la recharge   des systèmes aquifères  . La montée des niveaux souterrains a été rapide et constante sur la majorité des points de suivi, pour atteindre un maximum des hautes eaux entre le 1er et le 15 février 2013. _ Dans certains secteurs, comme la plaine alluviale de l’Adour, les niveaux atteints présentent des périodes de retour parfois supérieurs à 10 ans humides et de nombreuses caves et sous-sol ont été inondés entre le 10 et le 15 février 2013.
La dynamique souterraine est maintenant à la stabilisation, voire même à la baisse des niveaux, ce qui laisse entrevoir un début de tarissement. Malgré tout, les niveaux restent moyens à forts sur l’ensemble du bassin   et une nouvelle séquence de recharge   de faible intensité peut encore survenir au cours du mois de mai, si de nouveaux épisodes de précipitations intenses venaient à survenir.

Quelques définitions :

  • tendance :
    évolution du niveau piézométrique pluriannuellement : hausse, baisse, stabilisation.
  • recharge :
    quantité d’eau alimentant une nappe durant un cycle hydrologique ou une partie d’un cycle.
  • niveau :
    niveau piézométrique exprimé en profondeur ou en altitude NGF.
  • stock ou réserve régulatrice :
    part variable de la réserve d’un aquifère libre ; quantité maximale d’eau gravitaire contenue dans la zone de fluctuation, se référant à une période définie.

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