Description du projet

En 2008 et 2009, le BRGM a mené une étude nationale (Koch-Mathian et al., 2010) de croisement des bases de données BASIAS et SISE-EAUX dans le but d’identifier les sites industriels susceptibles d’avoir une incidence sur la qualité des captages d’eau potable. Un outil de consultation internet (http://basias.brgm.fr/basiasaep/) avait été élaboré ; il permet à l’utilisateur de sélectionner les ouvrages industriels recensés situés autour d’un captage AEP   dans un rayon de recherche donné.

En 2009, dans le cadre du second Plan Régional Santé Environnement 2 (2009 – 2013) en Aquitaine, l’ARS (Agence Régionale de la Santé) a montré un vif intérêt pour cette étude nationale « croisement BASIAS – AEP   » et a souhaité collaborer avec le BRGM pour aller au-delà de ce premier travail. Pour cela, une étude composée de 2 phases a été proposée. Ces deux phases ont été financés par l’ARS Aquitaine, l’Agence de l’Eau Adour Garonne, la DREAL Aquitaine et le BRGM :

  • Une première phase (cf. rapport BRGM/RP-61490-FR) a permis de caractériser plus finement la vulnérabilité des captages suivis dans la cadre du contrôle sanitaire :
    • de l’établissement d’une vulnérabilité intrinsèque élaborée à partir de facteurs hydrogéologiques (profondeur de l’ouvrage, nature et épaisseur du recouvrement géologique, bassin   d’alimentation…) issus du référentiel hydrogéologique français (BDLISA) ;
    • croisée avec la présence de sites industriels (issue des référentiels BASIAS, BASOL et ICSP) dans l’enveloppe de vulnérabilité connue des captages (aire d’alimentation de captages ou périmètres de protection éloignée) ou calculée (à partir du modèle numérique de terrain de l’IGN).
  • Une seconde phase a permis d’ajouter à ce critère de vulnérabilité la notion de risque en caractérisant les molécules potentiellement émises par les sites industriels (d’après la matrice activité-polluant : BRGM/RP-64125-FR). La méthodologie de la Phase 2 de l’étude est décrite dans le rapport BRGM/RP-66692-FR.

L’ensemble des résultats de la phase 2 a été rendu accessible et interrogeable via une base de données Access retournant des fiches synthétiques, listant notamment les molécules, et permettant de fournir un ensemble d’informations utiles pour les gestionnaires :

  • Par quelles molécules issues d’une activité industrielle mon captage est-il susceptible d’être contaminé (et donc quelles molécules dois-je suivre en priorité lors des contrôles qualités) ?
  • Une molécule a été retrouvée dans mon captage, d’où peut-elle provenir ?
  • Quels sont les sites industriels rendant vulnérable mon captage ? (et inversement quels AEP   un site industriel peut-il contaminer ?) ;
  • Quel est l’inventaire des activités industrielles, présentes dans un bassin   d’alimentation d’un captage ?

Ce résultat a conduit à la mise en place d’une troisième phase, financée par l’ARS Nouvelle-Aquitaine, l’Agence de l’Eau Adour Garonne, l’Agence de l’Eau Loire Bretagne et le BRGM, visant à pérenniser la base de données produite à l’issue de la Phase 2 et à l’étendre à la Nouvelle-Aquitaine. Pour cela un outil en ligne basé sur des services web a été développé et est accessible depuis les SIGES Aquitaine et Poitou-Charentes-Limousin via un accès restreint.

Voir l’article présentant l’outil en ligne.

A noter que l’outil d’aide à la décision en ligne fait appel aux services web des différents référentiels utilisés. Il est donc dépendant de la qualité de saisie des informations dans les bases de données interrogées. Ainsi, il est constaté qu’un peu moins de 10% des sites industriels ne disposent pas d’un code activité renseigné. Aucune molécule pouvant être potentiellement émise depuis ces sites industriels ne sont donc identifier (d’après la matrice activité polluant), ce qui n’affecte alors que légèrement l’indicateur de pression industrielle calculé pour chaque captage AEP  . Toutefois, l’ensemble des sites industriels est bien rattaché à un ou plusieurs captages AEP   même si le code activité n’est pas défini.

La méthodologie mise en place pour ce projet par le BRGM Nouvelle Aquitaine et présentée au comité de suivi s’est appuyée sur des traitements semi-automatiques. Les résultats obtenus constituent un outil d’aide à la décision à l’échelle régionale mais ne peuvent pas remplacer des études hydrogéologiques fines à l’échelle des « couples » sites industriels/captage AEP.

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Outil d’aide à la décision pour évaluer le risque de contamination des captages d’eau potable par des molécules potentiellement émises par les sites industriels