Bilan à la fin de l’année 2017

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L’eau souterraine en Gironde, en 2017 : état des nappes   profondes

Le département de la Gironde se caractérise par la présence d’importantes réserves en eaux souterraines, plus ou moins profondes. Le niveau et la qualité des eaux, des 5 grands systèmes aquifères   profonds du département (Jurassique, Crétacé supérieur, Éocène, Oligocène et Miocène), sont suivis dans le cadre de la Directive  -Cadre sur l’Eau (DCE), auquel s’ajoute le réseau de suivi du Département de la Gironde.

Le réseau de suivi piézométrique dans le département de la Gironde

Le double suivi des nappes   : « quantité » et « qualité »

La gestion des nappes   profondes se fait dans le cadre du SAGE [1] « nappes   profondes de Gironde », élaboré par la Commission Locale de l’Eau. Cette gestion se fait par zones géographiques, appelées Unités de Gestion (5 zones : Centre, Littoral, Médoc/Estuaire, Nord et Sud), et par grands aquifères  .

Ouvrages des réseaux « quantité » et « qualité » en Gironde, pour les nappes profondes (toute maîtrise d’ouvrage confondu) ©BRGM


L’acquisition des données par Unité de Gestion vise à fournir les éléments de connaissance nécessaires au tableau de bord, élaboré pour le SAGE, et aux actions du SMEGREG ; à l’adaptation départementale de la gestion des prélèvements ; à l’évaluation des ressources potentielles et au diagnostic de l’état des nappes  , afin de répondre aux exigences de la DCE.
Le travail de synthèse annuelle des données, tout réseau de suivi confondu, est cofinancé par le Conseil Départemental de la Gironde (avec le soutien financier de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne) et le BRGM, qui a le rôle d’opérateur technique depuis 1958.
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Les volumes prélevés

Les prélèvements dans les nappes   relevant du SAGE « nappes   profondes de Gironde » ont été évalués à 140,8 millions de m3 en 2017, soit 6,5 millions de m3 de moins qu’en 2016.

Répartition des prélèvements totaux en fonction des usages en 2017 (millions de m3 et % de prélèvements) - toutes nappes profondes et superficielles ©BRGM

Dans l’Unité de Gestion « Centre », les prélèvements effectués dans la nappe   de l’Eocène ont été supérieurs au VMPO [2] 2017, avec un dépassement de 10,1 millions de m3.
Dans l’Unité de Gestion « Littoral », c’est aussi le cas pour les nappes   de l’Eocène inférieur à moyen, avec un dépassement de 900 000 m3 environ et de l’Eocène supérieur, avec un dépassement de 97 000 m3.
Les autres Unités de Gestion ne sont pas déficitaires ou sont à l’équilibre.

Volumes prélevés, au sens des VMPO, en fonction des Unités de Gestion ©BRGM-2017

Le niveau des nappes   : exemple de l’Eocène

La carte piézométrique   de l’Eocène inférieur à moyen montre, pour 2017 et comme pour les années précédentes, une convergence des écoulements en direction de la grande dépression piézométrique   engendrée par les prélèvements dans et autour de la métropole bordelaise. À l’ouest, les impacts sont circonscrits par la crête piézométrique   de direction nord-sud qui passe par Sainte-Hélène.
La carte des différences obtenues pour cette même nappe   indique une baisse des niveaux entre 2017 et 2016 autour de la métropole bordelaise (de -5 à -10 mètres).

Carte piézométrique de la nappe de l’Eocène inférieur à moyen ©BRGM-2017

Une eau d’une excellente qualité

La composition des eaux naturelles résulte d’un ensemble de processus d’altération des roches. Des éléments naturels (fer, fluor, manganèse,…) peuvent être présents dans les eaux à des teneurs indésirables.
Les activités humaines conditionnent également la composition chimique des eaux souterraines, notamment en général par l’apport de « polluants » tels que les métaux lourds, les pesticides, les engrais… issus de l’industrie, des pratiques agricoles ou domestiques.
L’(ou les) éponte(s) [3] protège(nt) relativement bien les eaux des aquifères   profonds captifs, qui ne contiennent en règle générale pas de contaminants d’origine anthropique. Par contre, ce confinement au sein de l’aquifère   profond peut engendrer la présence naturelle de teneurs importantes en paramètres indésirables (fer, manganèse, fluor, arsenic etc.).


Pour cette analyse des données de « qualité », les données de l’Agence Régionale de la Santé (ARS) sont utilisées en complément de données issues du réseau Départemental de la Gironde.
Globalement, les eaux des nappes   profondes sont d’excellente qualité. Toutefois dans quelques secteurs, des éléments naturels ou anthropiques peuvent dégrader la qualité de ces eaux. Les dépassements les plus fréquemment observés, pour les éléments présents naturellement dans les eaux, par rapport aux références pour la consommation humaine, concernent le fer, le manganèse et les fluorures.
Les hydrocarbures dissous n’ont été recherchés dans aucun ouvrage en 2017.

nappe   du Crétacé

Aucun COV [4] ni HAP [5] n’a été détecté.

nappes   de l’Eocène

Sur les 117 ouvrages, deux ont été concernés par une quantification de pesticides. Pourtant, pour ces 2 ouvrages, situés à proximité de l’estuaire de la Gironde, la nappe   affleure pour celui situé en rive droite, mais elle est protégée par l’éponte marneuse de l’Eocène supérieur pour celui situé en rive gauche (contamination très locale ?).
Un COV a été quantifié dans un seul des 117 ouvrages prélevés et un HAP a été quantifié dans 2 ouvrages (d’eau industrielle) sur les 9 prélevés.

nappe   de l’Oligocène

Dans les secteurs peu profonds ou à l’affleurement  , de nombreux micro-polluants organiques (pesticides, HAP et COV) ont été quantifiés, au droit de l’Unité de Gestion Centre, à des concentrations parfois supérieures aux limites de qualité des eaux destinées à la consommation humaine. À noter que des molécules interdites depuis plusieurs années, et leurs métabolites, se retrouvent encore dans les eaux : c’est le cas de la simazine et de l’atrazine, interdites depuis 2003, et de leurs produits de dégradation.
On note également la quantification du phénanthrène (HAP) dans 1 ouvrage, du carbamazépine (médicament) dans 2 ouvrages, du perchlorate dans 9 ouvrages et de COV dans 11 ouvrages.

Les 10 molécules les plus souvent quantifiées dans les différents ouvrages de l’Oligocène (indication du nombre d’ouvrages avec recherche de la molécule concernée) ©BRGM-2017

nappe   du Miocène

Trois ouvrages, sur les 18 prélevés, ont été concernés par la présence de pesticides (4 molécules quantifiées) et un seul par la présence de COV (2 molécules quantifiées). Aucun HAP n’a été quantifié dans les 3 ouvrages prélevés.

A savoir

Les données volumétriques, piézométriques et chimiques, valorisées dans le cadre de cette étude, ont été intégrées dans la banque de données du SIGES Aquitaine et/ou dans ADES. Elles sont à la disposition des acteurs de la gestion de l’eau, mais aussi d’un public plus large (bureaux d’études, particuliers…) qui souhaiteraient les utiliser.

doc3 2017

[1Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux

[2Volumes Maximum Prélevables Objectifs

[3couches très peu perméables à imperméables, entre 2 couches aquifères

[4Composés Organiques Volatils

[5Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques

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